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Tourisme dans les Cénotes mexicains
Par Jean-Marc Belin – mai 2008
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Présentation Les réseaux souterrains du Yucatan sont indiscutablement d'une très grande beauté et, bien qu'il en existe une grande diversité en terme de volume, de profondeur, de visibilité ou de facilité d'accès, il existe également bon nombre de réseaux qui répondent au cliché paradisiaque des magazines ; accès facile, profondeur inférieure à 10m, eau transparente à 25° et paysage de concrétions incroyable. Mais l'accès à ces merveilles souterraines n'est pas forcément très facile et il est préférable de savoir à l'avance comment fonctionne « le business mexicain » et quelles sont les difficultés de terrain qu'on risque de rencontrer. Cénotes et réseaux
Au Mexique, on trouve des Cénotes dans pratiquement toute la péninsule du Yucatan, mais ceux qui développent les plus beaux réseaux touristiques se trouvent aux alentours de la petite ville de Tulum. J'ai découvert Tulum en 1979 mais je dois dire qu'aujourd'hui, il ne reste plus grand chose des quelques cabanes d'autrefois ; vous pourrez même aller faire vos courses chez St François d'Assise, le magnifique supermarché climatisé situé à la sortie nord du village. Il y a souvent confusion entre le nom du réseau et le nom des cénotes. Les cénotes sont souvent des regards sur le réseau souterrain. Ils portent fréquemment des noms « américains » comme « Grand Cenote », « The Pit » ou « Car Wash », mais ce n'est pas une règle absolue, et il existe également des noms plus hispaniques comme « Angelita » ou maya comme « Chac Mool ». Angelita est d'ailleurs une exception car il est profond et ne donne sur aucun réseau. Les réseaux portent généralement des noms mayas comme « Sac Actun » ou « Nohoch Nah Chich » mais on trouve aussi des noms à la consonance plus mexicaine comme « Naranjal » ou « Dos Ojos ». Il arrive aussi que le nom du réseau soit également le nom d'un de ses cénotes comme « Dos Ojos » ou « Tajma Ha » (anciennement Taj Mahal). Et si, au fur et à mesure des nouvelles explorations, on découvre la connexion de deux réseaux, le nouvel ensemble prend généralement le nom du réseau le plus important mais les noms continuent de cohabiter, comme pour « Sac Actun » et « « Nohoch Nah Chich ». Différents types de plongée Cavern diving et snorkeling. Ce sont les touristes « palmes / masque / tuba » qui représentent la plus grand population suivie d'assez loin par celle des « cavern divers » qui sont des plongeurs en bouteille qui ne s'éloigneront jamais très loin de l'entrée, toujours à portée de la lumière du jour. Ces deux catégories fréquentent donc uniquement les cénotes les plus grands, équipés de parcours fléchés. Les cénotes les plus connus pour ce type d'activité sont Grand Cenote, Dos Ojos, Chac Mool et Tajma-Ha. Ces sites offrent des jeux d'ombres et de lumière saisissant.
Une mention spéciale pour « Pit Cemetery » qui est un site nouvellement accessible par une piste assez longue et qui présente la particularité d'offrir des paysages de concrétions assez extraordinaires. Ici, pas d'ouvertures naturelles, donc pas de jeux de lumière, mais la sécurité est assurée par le fait qu'on peut sortir la tête de l'eau à tout moment car il existe un espace aérien entre l'eau et le plafond.
Angelita est uniquement intéressant pour les "caves" et "cavern divers" car l'attraction réside à une trentaine de mètres sous la surface (si on omet le crocodile qui lézarde en surface et qui en a effrayé quelques uns, si, si …); Il faut imaginer un puits aux parois verticales d'une cinquantaine de mètre de diamètre et profond de 60m. En son centre, un cône d'éboulis qui remonte du fond jusqu'à une vingtaine de mètre de la surface. Entre 28 et 30m une couche nuageuse et opaque d'hydrogène sulfuré flotte entre 2 eaux. Au dessus, seul le sommet du cône d'éboulis dépasse avec des branches mystérieuses qui confèrent à l'endroit une impression magique. Au dessous, l'eau est à nouveau transparente. La traversée de cette couche ne se fait pas sans une petite hésitation. Et puis, il faut mentionner qu'une nouvelle activité « de parc d'activité » souterrain voit le jour comme à Caracol où on mixte les plaisirs avec des tyroliennes et des sortes d'accrobranche souterrains. Cave diving D'un point de vue touristique, c'est donc une activité marginale et il ne faut donc pas craindre la sur affluence car, une fois l'entrée passée, il y a peu de chance que vous croisiez une autre équipe. Les possibilités semblent infinies et les paysages sont à couper le souffle. S'il avait fallu imaginer les décors, à l'image de ce qui se fait dans les studios de cinéma, on n'aurait pas pu faire mieux. La plupart des réseaux sont complexes et labyrinthiques. Il est toujours possible d'acheter les topographies mais elles ne suffiront pas à s'y retrouver dans ces dédales inextricables et un guide sera indispensable si on veut pouvoir accéder aux plus beaux endroits. Les grands cénotes, fréquentés par les snorkeleurs et les cavern divers, sont équipés d'une ligne unique qui identifie la boucle du parcours. Rien n'indique le départ de la zone « cave » qui se situe souvent à 20 ou 30m au-delà mais où ? Si on n'est pas familiarisé au réseau et si on n'a pas d'informations particulières, c'est déjà un obstacle de taille ! Les galeries sont généralement bien équipées ; soit avec une ligne de gros diamètre si c'est très fréquenté, soit avec un fil plus fin s'il s'agit d'un passage moins fréquenté ou secondaire. On rencontre également des fils posés par les explorateurs et qui comportent des nœuds tous les 10 pieds afin de pouvoir lever la topographie. Les fils des galeries annexes ne sont jamais raccordés à la ligne principale. Ils peuvent démarrer à quelques centimètres du fil principal ou se trouver à plusieurs mètres et ne pas être directement visibles tout de suite. Ceci ajoute à la difficulté de s'orienter.
Si vous souhaitez quitter la ligne principale pour emprunter un chemin secondaire et rejoindre une autre galerie principale, il va falloir effectuer un « jump » et utiliser un des petits dévidoirs que vous aurez emporté pour relier les deux lignes. Une marque individuelle pourra éventuellement compléter l'opération afin de bien baliser le chemin du retour : le « cookie »; il s'agit généralement d'une pièce en plastique comme un carré, un hexagone, …portant votre inscription personnelle. On trouve également des épingles à linge de couleur. Judicieusement placé, ce cookie vous permettra d'ôter tout doute sur le sens de la sortie ou il pourra aussi servir à la bonne gestion d'un groupe composé de plusieurs équipes ; lors du retour, la première équipe retire le cookie, ce qui permet à la deuxième équipe d'être sûre qu'il n'y a plus personne derrière et elle pourra alors retirer le dévidoir. S'il y a 3 équipes, le premier plongeur installera 2 cookies en plus du dévidoir et, sur le retour, chaque équipe retirera 1 cookie. Les plongeurs sont également équipés de flèches personnelles qu'ils placeront à discrétion pour se rassurer lors du retour. Il est donc indispensable de bien comprendre comment fonctionne l'équipement en place et respecter les usages conventionnels d'orientation. Il ne faut pas négliger les dangers de ces labyrinthes qui sont inconnus des plongeurs européens. Encore une fois, un guide peut-être indispensable pour le touriste non rodé à ces pratiques. En effet, il n'est pas rare d'effectuer 3 ou 4 jumps au cours de la plongée. Quelques circuits « Jail House » (Naranjal) est une vasque infâme mais une fois qu'on a trouvé le fil et qu'on a dépassé la zone trouble, on se promène dans un décors fabuleux qui peut donner accès au « Swiss siphon » avec 3 jumps et si on connaît le chemin. Je ne saurai pas vous décrire l'endroit, sachez juste que c'est une petite merveille. « Equinoxe » (Na Hoch) peut être considéré comme un trou de chiotte situé à quelques mètres de l'axe Cancun/Chetumal. Il fait partie de ces nombreux petits trous inexploitables pour le tourisme de masse. Il n'y a donc pas d'entrée payante ni d'aménagement de confort. Ce cénote donne accès à des galeries peu plongées où l'on rencontre d'anciens foyers et de nombreux ossements. « Pit Cemetery » (Nohoch Nah Chich) a longtemps été réservé aux explorateurs par manque d'accès carrossable. Aujourd'hui, ce site est accessible et permet des plongées parmi les plus belles qu'il soit, dont celle menant à « Blue Abyss » Après une progression de plus d'une heure au travers d'incroyables concrétions et après avoir franchi 2 étroitures, on arrive dans des haloclines et la couleur des parois vire au jaune. Puis soudain, l'espace s'agrandit et on arrive au sommet d'un immense puit d'eau transparente légèrement bleutée. Une descente rapide permet d'atteindre les 60m. Ce n'est pas la fin de la cavité mais il est plus raisonnable de s'arrêter là ; le chemin du retour est encore long.
« The Pit » nécessite un peu de portage sur un chemin dans la forêt. La configuration du site ressemble un peu à Angelita. C'est un puits profond à ciel ouvert avec son cône d'éboulis et sa couche d'hydrogène sulfuré; il est atypique par sa profondeur (> 100m) mais il donne également accès à un superbe réseau amont et aval à environ 10m de profondeur. Ce réseau de galeries noyées était d'ailleurs le seul chemin d'accès avant que le chemin ne soit tracé dans la forêt, mais cette longue plongée nécessitait de nombreux relais et un propulseur. Il faut descendre le matériel avec une corde et une poulie en place. Un des plongeurs doit sauter dans le lac pour récupérer le matériel et l'attacher sur les amarrages présents. Mais il y a aussi de superbes plongées à faire à partir de Dos Ojos, Grand cenote, … Les topographies La plupart des topographies sont disponibles à la vente mais, comme précisé ci-dessus, ça ne suffit pas à rendre le touriste autonome. Actuellement, c'est James Coke qui rassemble toute les données des explorateurs et qui les met en forme avec les logiciels Crystal et Xsara pour le compte du Quintana Roo Speleological Survey ( http://www.caves.org/project/qrss/qrss.htm ). On peut dire qu'il s'agit d'un bel élan collectif. Certifications, guide et équipement Hormis pour quelques petits sites méconnus, il faut compter entre 10 et 20$ de droit d'entrée. Cette somme sera versée au propriétaire du cénote qui entretien le chemin d'accès et les aménagements du site. En règle général, on ne vous demande pas de justifier de vos certifications mais on n'hésitera pas à vous interroger si votre conduite ou votre matériel semble « étrange ». Si vous faite partie d'un groupe encadré, c'est l'instructeur qui se porte garant pour ses élèves ; d'ailleurs, pour lui, l'entrée est gratuite. L'équipement standard se compose d'un bi S80 (11 litres) relié avec vanne d'isolation auquel on peut ajouter un ou deux relais. Le bi est équipé d'un détenteur avec direct system d'un coté, et d'un détendeur (flexible de 2m) et d'un manomètre de l'autre. On respire sur le détendeur au long flexible qui est passé sous le bras droit et autour du cou, tandis que le détendeur de secours est accroché autour du cou par un cordon élastique. Le casque est réservé aux explorateurs et les touristes n'en portent habituellement pas (il n'y en a d'ailleurs pas besoin). L'éclairage est assuré par un phare principal fixé sur le dessus de la main, tandis que les deux lampes de secours sont fixées sur le harnais. L'équipement est complété par une série de petits dévidoirs fixés à l'arrière du harnais, sous les blocs, et par les flèches personnelles et cookie rassemblées sur un tuyau élastique.
Robbie Schmitter possède le magasin de plongée Xibalba à Tulum. C'est un explorateur très actif et il a fait partie de l'équipe qui a réalisé la jonction des réseaux de Sac Actun et Nohoch Nah Chich. Il pourra vous louer les blocs et assurer le gonflage mais il faudra sans doute montrer son pédigré … Pour l'hébergement, l'idéal est de trouver quelque chose entre Akumal et Tulum, à moins que vous appréciez les bars et boites de nuit animées de Playa del Carmen pour agrémenter vos tristes soirées. Il y a même un restau/bar magnifiquement installé dans un superbe cénote! L'hôtel est une solution, la location d'une villa en est une autre, surtout si vous êtes plusieurs. Il y a des villas très confortables à louer sur Aventura Akumal. Le prix n'est pas forcément donné mais pour 300$ par jour, vous pourrez loger 9 ou 10 personnes sur le bord de la plage (hamac, barbecue et femme de ménage compris).
Il y a un magasin de plongée sur place « Aquatech ». Il proposent également des plongées souterraines guidées pour 135$, et oui …. Pour les déplacements, il y a la location de voiture. Il est possible de louer de gros van capables de transporter 8 plongeurs avec tout leur matériel, mais ce sera un 6 cylindres consommant 20l/100km. Pour ce type de véhicule, nous avons payé 1500$ pour 2 semaines. Enfin, ce serait dommage de ne pas prendre un peu de temps pour aller visiter les ruines de Tulum, celles de Coba ou Chichen itza, ou tout simplement pour profiter de la plage et des cocotiers. Conclusion
Vous aurez compris que l'idéal est de pouvoir aller là-bas en groupe et avec son propre instructeur, ce qui était notre cas. Pedro a travaillé pendant plusieurs années comme instructeur de plongée souterraine et sa connaissance des sites et des acteurs majeurs de la région nous a permis de profiter pleinement du séjour sans aucune contrainte ; merci à lui. Nous étions 9 plongeurs à nous partager les frais d'hébergement et de transport. Et le séjour nous est revenu à environ 2000€ par personne tout compris (avec l'avion Marseille Cancun via Madrid). Si vous n'avez pas cette chance, il faudra se payer un guide, au moins pour les premières plongées mais il y a peu de chance qu'on vous emmène voir « Swiss siphon » ou « Blue Abyss ». De toute façon, il vous faudra apprendre à faire profil bas et à se plier aux techniques et matériels en usage. Pour les français, ce sera sûrement très difficile… Enfin, si vous êtes seul, la solution de se payer la formation « cave diver » est peut-être la solution. Vous y apprendrez sûrement quelque chose et vous pourrez découvrir les cénotes en même temps : 4 jours 1250$ si vous êtes seul et 885$ chacun si vous êtes deux. Un mot sur le recycleur. Hormis le problème de limitation de poids en avion, la chaux et l'oxygène ne sont pas encore monnaie courante sur place aussi avions-nous choisi de redécouvrir les bienfaits du circuit ouvert. Il faut noter qu'Iberia autorisait 2 fois 23kg par personne sur cette destination, et en classe éco. En tout cas, je ne connais personne qui soit revenu déçu.
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