Source des Fées Castet (64)

Plongée du week-end de Toussaint 2005

 

 

Par Mehdi Dighouth


michel, guillaume (a genoux) mehdi, nicolas, frank par jean daniel larribau


Il est des sources qui portent un nom qui aiguise la curiosité. La source des Fées, commune de Castet (64) est de celles-là.
Cette source au si joli nom est toutefois captée pour alimenter le village et les bourgs alentours et son accès est défendu par deux grilles.

Une démarche de Michel Lauga (l'un des explorateurs de la cavité) auprès de la municipalité et une plongée de reconnaissance de Frank au mois d'août permettent une nouvelle campagne d'étude de la cavité.
La date est fixée, l'équipe réduite (captage oblige) sera composée de Frank, Guillaume, Nicolas et moi.

Le 30/10 au soir on choisit de fractionner le trajet en faisant halte chez Guillaume. Le petit village de Pomas (11) est bien agité en cette soirée, la fête d'Halloween bat son plein dans le bourg. On sonne à la porte de Guillaume pour quémander quelques bonbons. Ha le bougre il n'a rien prévu !!!!

Tout le monde est bien là. On répartit rapidement les charges dans le fourgon de Frank. Ce sera du temps de gagné pour le trajet du lendemain. Le jeune couple a préparé une belle soirée bretonne. On finit la soirée en planifiant les plongées du lendemain.

Le lendemain, réveil aux aurores, éclairé par la lune du jeune audois. Ca met en appétit et les restes de la soirée bretonne en font les frais. La météo n'est pas avec nous et le trajet se fait sous une pluie quasi incessante. On prie pour que les conditions de plongée soient suffisantes. La sortie d'autoroute approche quand soudain un grand bruit au niveau du moteur et puis tout s'arrête. Je me range sur le coté et à la faveur d'une descente on réussit à s'arrêter sous un pont.

La pluie est battante et il fait très froid. On soulève le capot. Rien ne repart, ça à l'air sérieux. L'abri du pont est le bienvenu car nous resterons là plusieurs heures le temps de se faire remorquer. On réussit à prévenir Nicolas qui doit nous rejoindre sur place et la mairie pour les informer de notre retard. On finit au très luxueux (clientèle anglaise oblige) aéroport de Pau pour prendre possession d'une voiture de location. Nicolas nous a rejoint.

Seul problème la voiture en question est ce que l'on peut qualifier de monospace mais bon c'est quand même la moitié plus petit que le camion de Frank. On répartit le matériel sur les deux voitures et on file à Castet. M. Laurent, maire-adjoint, a patiemment attendu. Il est 15h30 et nous sommes en retard de 5 heures sur le planning.

La piste d'accès est détrempée, le temps particulièrement maussade mais la motivation est intacte. Nous nous équipons rapidement.

Je plonge en premier avec Frank. Nous sommes tous deux équipés en recycleur à circuit fermé à gestion électronique et de marque Inspiration. Le diluant est un Tx 15/50.

Nous embarquons chacun une bouteille 10l de Tx 15/50 par sécurité, afin de palier en circuit ouvert à un quelconque problème de la machine. Nous déposons au passage un relais pour la décompression de la plongée profonde de Guillaume. Nous avons prévu de faire quelques images de la cavité mais la visibilité médiocre (important dépôt limoneux sur les parois) stoppe rapidement la séance.

Malgré de nouvelles lampes à Leds Xénon Barbolight prêtées par Nicolas, nous apercevons difficilement la morphologie de la cavité.

Nous poussons la reconnaissance jusqu'à -51m où là la visibilité est un peu meilleure. La cavité se développe suivant une pente constante d'environ 40° dans un conduit aux proportions modestes. Après 40' de plongée nous faisons surface. Guillaume et Nicolas sont prêts à enchaîner pour une dépose de bouteilles de sécurité en prévision de la plongée du lendemain.

Guillaume équipé en Bi 12 de Tx 15/50 file déposer 2 relais 10 L alu respectivement à -60m et -72m. Nicolas se charge des bouteilles à déposer à -30m et l'O² à -6m. Il prendra le temps d'effectuer une collecte de sable à des fins d'étude malacologique.

La nuit est tombée. Les crêpes audoises sont déjà un lointain souvenir. C'est avec un peu de fatigue que nous prenons la route pour rejoindre le domicile de Michel qui a gentiment accepté de nous héberger pour la nuit.

L'accueil est chaleureux. Rapidement nous effectuons l'entretien réglementaire des recycleurs pour la plongée du lendemain avant de passer à table.

Au réveil la vue est magnifique. Une très belle vallée et au loin le massif de la Pierre Saint Martin. Un copieux déjeuner est préparé par notre hôte. Les troupes mettent une touche finale à la préparation des scaphandres. Le matériel inutile à la plongée du jour est laissé en consigne chez Michel.

Décidément ces voitures modernes, un condensé de modernisme mais un manque de place évident pour les plongeurs souterrains. Nous prenons la route quasi dans les temps cette fois. Arrivés sur place nous sommes accueillis par Jean-Daniel Larribau (le premier à avoir exploré la cavité) .

Les pieds dans la boue, les mains aux poches, les bonnets rivés sur les têtes de quoi parle-t-on ? Je vous le donne en mille : de plongée souterraine bien sûr. Nous échangeons sur les précédentes explorations de Michel et Jean-Daniel, sur le choix de nos recycleurs. C'est un moment superbe.

Nous ouvrons les portes et la voie est libre pour la découverte.
Le niveau est sensiblement le même que la veille mais la visibilité semble s'être améliorée. Le portage est très court. Un peu pour des préretraités diront certains...

Nous avons choisi de plonger en binôme comme nous avons pu récemment le faire à l'occasion de plusieurs plongées. Le premier équipe la cavité et le second topographie.
La mise à l'eau n'est pas très spacieuse pour deux plongeurs encombrés comme nous le sommes.

Dernière vérification du bon fonctionnement de l'électronique de nos recycleurs, chauffe de la cartouche de chaux et nous partons pour l'exploration. La descente est plus rapide que la veille. La visibilité est bien meilleure. Les bulles du passage de 4 plongeurs ont certainement ramoné le plafond et nettoyé la fine couche de limon.
A -16m, à la faveur d'une section plus spacieuse nous effectuons une ultime vérification de l'étanchéité de nos recycleurs. Aucune bulle sur la machine de Frank, c'est à mon tour de tourner sur moi-même. Tout est ok.

La descente se fait sans encombre rythmée par les vérifications de la ligne de secours mise en place la veille. En une dizaine de minutes nous sommes à 156m (-80) terminus de l'équipement de Frank au mois d'août.

Le temps de rabouter et nous reprenons la progression. Quelques mètres plus loin le vieux fil d'Ariane (ancien terminus des explorations) s'arrête.
La magie opère. La joie est grande de pouvoir participer à l'exploration de cette source. Néanmoins il faut rester très concentré sur la plongée et le fonctionnement du recycleur.
Les fréquentes lectures de la valeur de l'oxygène (PPO² de 1,3b) dans la boucle sont impératives.
Je déroule le fil en rive gauche. La galerie plonge toujours. A la faveur d'un replat où quelques blocs jonchent le sol je stoppe la progression et amarre le fil. Nous sommes à -115 et à 235m de l'entrée.

Frank toujours très prompt dans ses relevés topographiques m'a rejoint. C'est ensemble que nous tournons sagement le dos à la suite de la galerie pour amorcer la remontée.
A-84m nous stoppons pour 2 minutes. Nous avons choisi d'effectuer la décompression en utilisant un ordinateur VR3. Plusieurs tables de sécurité ont été planifiées à l'aide du logiciel VPM (Cf. +4). Les paliers s'enchaînent. Et voilà que mon système pipi me joue des tours. Ca ne marche donc jamais ces trucs là !!!! Une contorsion de trop et hop ! le Pénilex s'est détaché et je remplis abondamment le bas de ma combinaison étanche.

Je crains un peu pour la suite de la décompression, dans cette eau affichant péniblement 10°C. A coté de moi, Frank semble avoir les mêmes problèmes intimes. Il s'en sortira mieux que moi en conservant son système en place.

A -30m Nicolas vient aux nouvelles et commence la récupération des blocs de sécu que nous avons remonté au fur et à mesure de notre décompression.
Après 215' de plongée nous émergeons du siphon.

Tout le monde est là pour mettre la main à la pâte et nous décharger rapidement de notre barda.

Autour d'un casse croûte bien mérité nous décrivons et profitons pleinement de cette plongée. Une suite est donnée à cette cavité sous l'il bienveillant des premiers explorateurs. Nous laissons une bonne partie des bouteilles à Michel qui gentiment assurera le stockage du matériel qui ne peut rentrer dans notre voiture de location. Sur le retour Frank informe la mairie de notre avancée et le remercie de son accord pour poursuivre la connaissance de ce réseau.

Participants : Michel Lauga, Jean-Daniel Larribau, Mehdi Dighouth, Nicolas Schalk, Guillaume Tixier, Frank Vasseur.

Entre les premières plongées de Jean-Daniel Larribau (au centre) et celles de 2005 : trente années d'explorations souterraines dans la source aux Fées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ambiance touille, par Frank Vasseur

efficacite des lampes barbolight par guillaume tixier

entretien reglementaire des recycleurs dans le garage envahi de michel parguillaume tixier

jean daniel larribau et michel lauga par mehdi dighouth

la vasque est un peu étroite par guillaume tixier

 


ambiance, par Frank Vasseur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30 ans d exploration dans la source aux fees par nicolas schalk