Baume de la Chabannes

 

 

Commune : LUSSAS (07)

Carte : I.G.N. 1/25000 2938 Ouest "Aubenas"
Coordonnées : X : 768.59 Y : 260.11 Z : 230

Développements : > 1010 m
Dénivellation : 60 m
Réseaux noyés : 435 m


l'entrée par C. Baudu

Jean-Pierre Baudu (commission plongée souterraine du CDS 42-CESAME)

Situation

Un vaste porche (10 x 12 m) s'ouvre en rive gauche de la Louyre. Pour le trouver facilement, il suffit de remonter la rivière sur 1800 mètres, en amont du pont de la route de Saint-Privat à Lussas. La cavité est pointée sur la carte.

Pour plonger, il est préférable d'accéder par en haut. Du même pont, prendre la direction de Lussas, puis au deuxième lacet à droite, prendre la piste qui longe les gorges. La suivre sur environ un kilomètre et se garer au niveau d'un poteau d'information sur les départs de sentier. Un sentier mal marqué descend dans les gorges. Arrivé à la rivière, suivre le sentier sur 150 m en aval. Remonter sur la gauche un petit affluent qui conduit sous le porche.

Historique

En 1950,une tentative de pompage s'avère infructueuse.
1963, R.Lacroux plonge le siphon sur 30 m et émerge dans une cloche.
1972, le G.R.P.S progresse de 80 m dans le même siphon.
1973, la même équipe débouche après 150 m de galerie noyée au pied d'une escalade de 5m.
1974, le S.C. Aubenas pompe le S.1 et le G.R.P.S soutenu par une puissante équipe de porteurs, plonge le S.2 sur 180 m, 18m.
1978, F. Leguen plonge le S.2 sur 230 m, 25 et s'arrête sur vaste diaclase remontée jusqu'à 9 m.
Quelque temps après, J.M Chauvet et F. Poggia replongent le S.2 et rajoutent 10 m dans la trémie terminale.

Le 13 et 27.07.1979, J.C. Chouquet, F. Vergier et P. Penez portent le terminus du S.2 à 360m, -25, arrêt sur étroiture impénétrable à 6 m (2 cloches seront repérées).
Le 27 et 28.04.2002, C. Baudu, J. P. Baudu et F. Vasseur organisent un camp topographie.

La cavité s'ouvre sous un immense porche. La présence de gros blocs de basalte est de bon augure. Plusieurs dizaines de mètres de galerie confortable conduisent à un superbe siphon. Ce verrou noyé est en forme de conduite forcée. Elle peut être admirée à l'air libre sur 20 mètres. La partie noyée fait 140 mètres. La galerie est en pente douce jusqu'à un incident géologique. Un ressaut nous entraîne au point bas à 9 mètres. Puis, c'est la remontée pour déboucher dans des volumes confortables, hauts de 5 à 10 mètres. Une première escalade de 5 mètres, équipée, permet d'atteindre une plate-forme avant une nouvelle escalade en opposition de 3 mètres. La suite est facile, la progression se fait dans un beau couloir, parfois aquatique. Deux gros éboulements ralentissent la progression. Il faut trouver un passage sur la base à droite entre les blocs.

Après 300 mètres de progression en exondé, le passage d'une voûte mouillante s'impose. Puis, on enchaîne dans une galerie toujours aussi grande. Encore une centaine de mètres avant de trouver une cheminée active, bien concrétionnée (escaladée sur 35 mètres). Quelques mètres plus loin, on entend le bruit d'un actif. En fait, c'est un aval qui s'échappe dans une fissure étroite (sans doute en liaison avec la grotte des Poubelles, confirmation en cours). 500 mètres nous séparent de la sortie du S1. Le départ de ce nouveau siphon commence dans la touille, puis rapidement le sol fait place au gravier. La galerie en partie remplie permet d'imaginer la forme d'une conduite forcée.


le S1, par R. Huttler

le S1, par R. Huttler

portage particulier, par R. Huttler

 

La largeur visible est de 6 mètres. Le pendage semble le même que le S1. Le réseau en s'éloignant de l'entrée a des sections de plus en plus importantes. Le point bas est atteint, 25 mètres pour plus de 200 mètres de progressions. Même phénomène que précédemment, une fracture importante décale la galerie. Cette fracture peut être remontée jusqu'à 6 mètres avec un pincement sans suite possible. Après le point bas, la remontée se fait rapidement, les blocs (énormes) obligent à faire un grand tour pour retrouver rapidement une galerie de 10 mètres de large. Là, nous sommes face à une trémie immense. Seuls quelques passages permettent de progresser sans suite dans cette trémie. Mais un passage plus technique dans l'éboulis nous conduit au terminus à 6 mètres.

Camp topographique

Nous organisons, Catherine, Frank et moi, un camp sur ce secteur peu fréquenté par les plongeurs. J. M. Lebel avait repris les explorations pour vérifier les différents terminus, mais il nous a quittés trop tôt. Nous avions prévu de faire ce camp tous ensemble.

En un week-end, nous réalisons la topographie complète avec une vision des terminus et des cheminées noyées. Nous sommes 12 plongeurs et deux porteuses. Nous passons une échelle en aluminium de 6 mètres dans le S1 pour monter le puits de 5 mètres (moment de rigolade inoubliable) et deux photographes tentent de faire quelques clichés (eau très chargée). La cavité est réequipée et nettoyée complètement de ses anciens fils.

Participants : C. Arnaud (FFS), C. Baudu (FFS), J. P. Baudu (FFS), F. Beluche (FFESSM-FFS), D. Bianzani (FFESSM-FFS), M. Hanin (FFESSM-FFS), R. Huttler (FFESSM-FFS), C. Marchal (FFESSM), X. Meniscus (FFS), P. Metzger (FFESSM), K. Passevant (FFESSM-FFS), F. Vasseur (FFESSM-FFS), D. Vignoles (FFESSM-FFS) et L. Ylla (FFESSM-FFS).

Merci à Catherine pour cette super intendance.

Faune

Une colonie de chauves-souris demeurent à quelques mètres avant le 1er siphon. Leur présence est citée depuis 1936 par R. Dejoly. A noter qu'elles avaient été temporairement détruites lors du pompage de 1950 par les gaz d'échappement de la moto-pompe.

Divers

Prévoir des agrès pour l'escalade en sortie de S.1 (échelle et corde neuves en place, mais les crues n'épargnent rien, merci de replacer les agrès hors crue).

 

 

par Roger Cossemyns


billaud et licheron en 1976


dans le S1 désiphoné janvier 1974.

par Roger Cossemyns


Chabanne en crue
par JP. Baudu


départ du S1, par D. Bianzani


départ du S2, par R. Huttler

 

par Philippe Assally