Grotte Lafaille

 

Commune : St Christophe sur Guiers, Isére

Position : 872,36 ; 352,77 ; 495m

 
Localisation

 

par Jean-Claude Pinna, FFESSM comité RABA

Localisation

Approche identique à celle de la grotte Jallier. La descente vers le Guiers vif est assez raide, en cas d'accès sur un terrain enneigé ou gelé il est préférable de poser des cordes sur les arbres presque depuis la route.

Arrivé au porche décrit pour l'accès à Jallier ne pas descendre les 15m de verticale mais continuer jusqu'à l'extrémité de la vire. Un ressaut de 10m permet de rejoindre en diagonale la suite de la vire qui conduit au porche d'entrée de la grotte Lafaille.

Historique

- 08/02/2006 Franchissement du S1 et découverte du S2 par Manu Tessanne et JC Pinna. Aidés par Xavier Méniscus pour le portage d'approche. 200 m de galeries découvertes.

- xx/xx/2006 Plongée du S2 et jonction avec le siphon +12 de la grotte Jallier, Manu Tessanne, Xavier Méniscus et JC Pinna.

- 18/05/2006 Franchissement du S2 par Manu Tessanne seul.

- 06/06/2006 Franchissement du S3 (désamorcé) et découverte du S4. Explo de la partie amont au dessus de la grande diaclase. Manu Tessanne et Pascal Dauger.

-16/06/2006 suite de l'explo de la partie amont au dessus de la grande diaclase, Manu Tessanne et Pascal Dauger.

- Courant 2007 3 sorties de reéquipement S1 et S2 en fil de rotofil Manu Tessanne, Pascal Dauger.

- 20/12/2007 : Fin du rééquipement du S2 en fil de rotofil par Manu Tessanne.

- 22/12/2007 : Manu Tessanne Franchissement du S3 et S4 découverte de 200m de galeries aidés par Xavier Meniscus et Laurent Bron. Topo entre S2 et S3 par Xav et Laurent.

- 02/01/08 : Manu Tessanne, Xavier Meniscus et JC Pinna topo de la partie supérieure située au dessus de la grande diaclase entre S2 et S3. Topo et explo après le S3, découverte d'S5 et du collecteur de la Ruchére. Pascal Dauger nous donne un coup de main pour acheminer le matériel jusqu'à la grotte.

 

Description

La grotte Jallier m'a toujours paru intéressante à reprendre, je l'ai recherchée plusieurs fois dans les années 1990 mais sans succès. Il faut dire que la description de l'approche ne s'éclairci qu'une fois que l'on connaît les lieux et donc la position de la cavité. Au début de l'année 2006 Manu Tessane retrouve l'accès et visite la grotte avec les spéléos de son club. Lors de cette recherche il trouve l'entrée d'une grotte qui donne sur une rivière et un petit siphon.

Ca sera la Grotte Lafaille en hommage à Jean-Christophe Lafaille disparu récemment en Himalaya. Renseignement pris au près de Bernard Faure cette cavité avait été vue lors de l'exploration de la grotte Jallier mais jugée impénétrable ! Comme quoi c'est toujours bon de revoir les anciens terminus.

La grotte Lafaille est tout comme la grotte Jallier une sortie temporaire de la rivière souterraine car cette dernière replonge dans une petite conduite en direction du Guiers vif à droite du départ du S1. Le passage étant faible, moins d'un mètre de diamètre, en cas de crue l'eau monte et met en charge la grotte Lafaille et la grotte Jallier. Les deux entrées étant sensiblement à la même hauteur.

Du porche d'entrée au départ du S1

La cavité s'ouvre dans le pendage des strates. Une galerie se développe sur une vingtaine de mètres en suivant le pendage jusqu'à un ressaut de 3 m qu'il faut escalader. Ce ressaut donne sur une galerie déclive qui abouti au départ du siphon (S1). Quelques petits départs à gauche en descendant conduisent à la suite de la rivière qui part dans une conduite étroite en direction du Guiers Mort.

Le S1 (130 m / -24 m)

Le S1 démarre dans un trou taillé dans le pendage par une petite galerie de quelques mètres à l'horizontale. Un virage à droite et on plonge à contre-pendage jusqu'à rejoindre un nouveau joint de strate. Virage à gauche et on se retrouve dans la même inclinaison de strate que précédemment.

On suit le fond de cette galerie jusqu'au point bas du S1 puis c'est la remontée assez rapide dans une galerie lenticulaire assez similaire à celle empruntée pour accéder au S1. Arrivés dans la zone des -5m un virage à gauche et une galerie horizontale pour déboucher quelques mètres plus loin à l'air libre.

Entre S1 et S2

A la sortie du S1 on se retrouve une nouvelle fois au pied d'une conduite forcée plus ou moins lenticulaire en plein pendage. La pente est toujours la même environ 35°. Au sommet de cette conduite la galerie part sur la gauche à l'horizontale avant de redescendre. La descente conduit à une laisse d'eau qui peut siphonner en hautes eaux. Après cette laisse la galerie repart vers le haut dans le pendage avant une nouvelle fois de reprendre le chemin de la descente. Cette dernière conduit au départ du S2.

Le S2 (200 m / -18 m)

La mise à l'eau ne se fait pas très loin d'une marmite caractéristique qui se trouve à -1 m. A près une vingtaine de mètres on arrive sur un carrefour : sur la droite c'est la jonction avec le siphon de + 12 m de la Grotte Jallier. Tout droit c'est la suite du siphon. Un passage à -12 est suivi d'un virage à gauche et d'une remontée à -7. La galerie reprend alors un axe sud jusqu'à la profondeur de -18. A cette profondeur la suite est en hauteur en remontant un puits jusqu'à -12. La galerie s'oriente alors Sud Ouest on passe au dessus de marmites de géant et plus loin au-dessus de gros blocs. S'ensuit une lente remontée jusqu'à la surface.

Entre S2 et S3

La sortie du S2 n'est pas très difficile, de bonnes marches donnent accès à une courte partie horizontale. La suite est un peu plus engagée. Une nouvelle galerie dans le pendage se présente alors. Il faut l'escalader, un peu plus délicat quand on a des blocs sur le dos !

Avant le sommet s'engager dans la « grande diaclase » En fait, on se trouve, en hauteur, dans le pendage entre les deux bancs de calcaire sans beaucoup de prises de pieds et de mains. La progression se fait par coincements successifs de tout ce qui est coinçable.

La fin de cette partie est plus simple car on a les pieds au fond de la diaclase sur le sol. Un dernier petit ressaut donne, à gauche sur le départ du S3 et à droite sur la partie supérieure du réseau jonctionnant certainement pour partie avec Jallier une nouvelle fois.

La zone supérieure au dessus de la grande diaclase

Cette zone est de dimensions plus réduites. Elle conduit après quelques passages étroits, quelques ressauts et passages dans l'argile, à trois nouveaux siphons. Le premier à de grandes chances de redonner dans Jallier. Le second n'a pas une tête bien cool et le dernier reste à découvrir lors de prochaines plongées.

Le S3 ( 25 m / - 3 m)

Le S3 est très court, il a même été trouvé désamorcé en été. Il est uniquement constitué d'un point bas alimenté par un petit actif venant de la salle suivante qui le maintient actif en période humide.

En remontant la grande diaclase on a quitté l'actif principal qui doit circuler dans des galeries impénétrables, quelques étages plus bas.

Entre S3 et S4

La sortie du S3 forme un lac tout en longueur que l'on suit avant de sortir de l'eau pour reprendre une escalade facile dans le pendage. La galerie s'élargi ensuite pour former une suite de deux petites salles. Un ressaut de deux mètres donne accès à une galerie basse qui abouti à une galerie déclive dans le pendage. De même pente que les précédentes mais plus étroite, elle conduit après un dernier ressaut au départ du S4.

Le S4 ( 55 m / - 4 m)

Le S4 est des plus simple, il remplit le bas d'un interstrate incliné comme beaucoup de galeries de cette cavité, inclinaison entre 25 et 35°. Il est rectiligne sur 60 mètres pour une profondeur de -3 m.

La sortie se fait toujours dans l'interstrate dans une belle vasque allongée.

De S4 à S5 deux chemins possibles

La sortie de l'eau se fait par une galerie large et haute remontant le pendage jusqu'à un carrefour recoupant une galerie amont aval.

En partant sur la droite on arrive rapidement dans une conduite surcreusée qui remonte le pendage. Arrivé au sommet une petite désescalade nous conduit à un nouveau carrefour au sommet d'un ressaut aux cannelures lisses.

En partant sur la gauche on arrive rapidement après un passage sur des blocs à un nouveau carrefour entre une galerie descendante dans le pendage et une galerie basse coupée de voutes rasantes qui conduit à un puits remontant. La galerie dans le pendage redonne sur le ressaut aux cannelures lisses via une petite galerie percée de marmites imposantes.

La descente du ressaut aux cannelures nécessite une corde. Il donne après un virage à gauche dans une galerie de belles dimensions avec le plancher sur-creusé. On se trouve dans le collecteur de la Ruchère, après 100m un P6 donne accès à un nouveau siphon de belles dimensions, le S5.

 

Bilan chiffré actuel (Avril 2008):

Grotte Lafaille

Dénivellation : 94 m (+54m) (-40m)

Développement : 1276 m

Extension : 1149 m

Zone noyée : S1 : 130m -24, S2 : 147m -18, S3 : 20m -3, S4 60m -3, S5 ??, Total de la zone noyée 357m point bas à -24.

Altitude du point extrême de la grotte 503 m au niveau de la vasque du S5.

Systéme Lafaille Jallier :

Développement du système Lafaille / Jallier : 2422 m

Perspectives :

On se trouve précisément sur l'alignement potentiel du collecteur de la Ruchère tracé en 1981 par Bernard Faure du SGCAF Belle vision du potentiel.

En considérant l'arrêt de Fred Poggia dans le siphon aval du Marco Polo à 38m ce qui nous donne une altitude de 605 m, on se trouve à 102m en dénivelé et 1100 m en distance en ligne droite de la jonction

Hydrologie :

Nous pensons que nous nous trouvons bien dans le collecteur de la Ruchère (Gouffre Marco Polo). Cela semble évident au niveau de la galerie qui conduit au S5. En ce qui concerne les siphons, seul le S1 est actif de manière pérenne pour les autres il existe très certainement un sous écoulement, ou alors ils sont tout simplement suspendus sans alimentation par la rivière principale lors d'un étiage prononcé (cas du S4).

Le cheminement se fait dans une zone qui se met en charge totalement, la présence des coups de gouges est omniprésente, pas un seul espace de roche sans elles. Elles sont très nombreuses et de petite taille. Ce qui dénote un écoulement rapide. Des mesures seront faites prochainement dans le but de déterminer le débit en crue.

Bibliographie :

Grotte Jallier :

- Scialet N° 8, B Faure, 1979

- Scialet N° 9, B Faure, 1980

- Scialet N° 10

- Scialet N° 16

- Scialet N° 17

- Chartreuse soutérainne, B Lismonde,

- Spéléo N° 16 Avril, Mai, Juin 1994

 

7/ Remerciements :

à la FFESSM pour son aide financière et matériel.

à Bubble Diving pour ces éclairages eXtrem_Tek Bubble Daylight.

à Bernard Faure pour les renseignements et données topo concernant la grotte Jallier.

à tous ceux qui ont participé à cette belle aventure : L. Bron, P. Dauger, Manu Tessanne, Xavier Meniscus, JC Pinna.