Projet Ardèche 2001

GROTTE DE SAINT MARCEL

BIDON, ARDÈCHE

par Philippe Brunet


 

CONTEXTE

Le réseau des grottes de Saint Marcel d'Ardèche est l'un des plus grand de France (41 km). Son exploration a débuté il y a plus d'un siècle par les grandes galeries du réseau 1, dont une partie est aujourd'hui aménagée. Depuis, et en particulier dans les années 1970, de nombreuses découvertes permirent de connaître les réseaux 2, 3 et 4. En plusieurs points, parfois très éloignés les uns des autres, l'eau était atteinte sans que le niveau noyé ne soit connu. Les mises en charges et les décrues à priori peu cohérentes laissaient imaginer une structure complexe avec une alimentation multiple provenant de l'Ardèche et par plusieurs origines, des plateaux de Gras.

Depuis 1994, les explorations ont principalement porté sur le réseau noyé, baptisé réseau 5. Les premières réalisées à cette occasion dans le système « Saint Marcel, source du Bateau, Grotte Deloly et perte de la Cadière » représentent plus de 10 km. Les terminus Cadière, Deloly, écluse et P70 de St Marcel sont à moins de 500 mètres les uns des autres. Une coloration en 1999 a prouvé la connexion de ces différents éléments dont les jonctions restent à faire.


PRINCIPAUX RESULTATS 2001

Au cours de l'année 2001, les plongeurs réunis au sein du projet  Saint Marcel  ont poursuivi d'une part l'exploration des pertes de la Cadière qui alimentent en partie les réseaux noyés de Saint Marcel d'Ardèche et d'autre part exploré l'amont et l'aval du réseau du Solvay situé tout au Nord du réseau de Saint Marcel. Une plongée dans le P70 proche des terminus de Deloly et des pertes de la Cadière a également eu lieu.

Ce projet faisait partie des explorations retenues par la FFESSM au niveau national et reçoit à ce titre une aide matérielle de la Commission Nationale de Plongée Souterraine de la FFESSM.

Malgré les conditions météorologiques très défavorables ( froid et pluies 1 jours sur deux en juillet puis canicule en août), les explorations 2001 du projet Saint Marcel ont livré plus de 1000 mètres de premières et 1500 mètres topographiés, et ont permis d'atteindre au Nord du réseau, à l'amont du Solvay, une nouvelle alimentation au bas d'un puits de 10 m, après 800 m post siphon.

Le réseau A et le réseau du Solvay sont jonctionnés et totalement topographiés.

La topographie ci jointe présente le plan détaillé de la grotte de saint Marcel d'ardèche, avec le réseau 5 au centre, au dessus passe le réseau 1 ou réseau historique, à l'est le réseau 2, à l'ouest le réseau 3, et au Nord Ouest le réseau 4. Le réseau 5 est aujourd'hui jonctionné avec les réseaux 1 et 2, et se situe sous l'ensemble des autres réseaux,.

Pertes de la Cadière (cavité)

Les pertes de la Cadière sont l'occasion de tester un portage différent. Les 2 kilomètres deviennent vite fastidieux avec les bouteilles et le matériel sur le dos. Aussi, nous avons loué puis acheté d'occasion un canoë qui nous permet un portage bien plus aisé par la rivière.

Le réseau des pertes de la Cadière a été poursuivi, exploré et topographié sur plus de 450 m. La galerie terminale n'a été poursuivie que sur 20 mètres non topographiés compte tenu de la visibilité déplorable. Par contre deux amonts étroits ont pu être plongés. Ils se dirigent vers l'ardèche. Une galerie parallèle a été trouvée après le siphon S1 puis un nouveau siphon pour rejoindre le S1 dans sa première partie. Le développement total des pertes de la Cadière atteint 1457 m.

Les galeries d'entrée ont été presque totalement envasés par une crue automnale (un arbre de 20 mètres est même perché à 10 m au dessus de l'Ardèche, juste devant la faille étroite donnant accès à la cavité.

Les fils sont malheureusement détruits et/ou envasés voir emmêlés dans des branchages apportés par les crues. Plusieurs plongées ont été nécessaires pour retrouver, désobstruer et rééquiper les anciens passages.

La visibilité exécrable dans la perte gène considérablement l'exploration de cette cavité complexe.

Un plongeur-visiteur de septembre s'en étonna même sur la liste spéléo internet, pensant sans doute que toutes les premières, même en perte sont des plongées facile !

Réseau Solvay (cavité St Marcel)

Le réseau du Solvay constitue l'extrême Nord du réseau de Saint Marcel. Le siphon d'accès est situé à 4 kilomètres de la sortie naturelle. Une série de puits étroits pour un total de 70 mètres, empêche certains spéléologues d'atteindre le siphon. Le rééquipement en sécurité des puits explorés aux échelles dans les années 70 a été le début de nos travaux en mai.

En Juin, la plongée du siphon aval du Solvay a permis à Philippe Brunet de jonctionner avec son fil de 1997 provenant du réseau A. Le bouclage de 5 km (dont 1500 m noyés) donne une erreur totale de 1,2 %. Le raccord des 2 accès Sud des siphons du réseau A également fini, donne une erreur de 0,6% pour une boucle de 1600 m.

Les explorations de l'été en plusieurs week end ont porté sur l'amont du Solvay. Le puits ascendant qui avait arrêté JM Lebel et F. Ichkanian a été escaladé et équipé. L'ensemble a été retopographié car les données informatiques n'étaient pas disponibles. Des différences notables ont d'ailleurs été constatées et justifient ce travail.

Un puits, à environ 300 m dans la galerie s'ennoie selon la période. Il a été descendu sur 10 mètres (étiage) mais non encore plongé.

Le nouveau terminus est un puits de 10 m de profondeur donnant directement dans l'eau. Des traces très nettes d'argiles au plafond et sur les parois montrent que tout ce segment est totalement noyé lors des crues.

P 70

Le P70 est situé dans le réseau 3. Son accès se fait après 3 kilomètres et un ramping de 400 mètres. Cet objectif est le notre depuis 4 ans. Les aléas de la météos et le nécessaire rééquipement ont largement retardés les plongées. Aujourd'hui l'équipement est correct, il faut toutefois prévoir d'aménager le bas du puits afin de faciliter la préparation du plongeur et l'attente des aides.

Ce puits prometteur a livré 200 mètres de galerie, arrêt sur rien. Une galerie est extrêmement sale, l'autre plus propre aboutit à un puits toujours vierges. Les plus grosses difficultés viennent du portage peu aisé et du puits d'accès de 70 mètres très, très gras.

Les explorations de 2001 ont eu lieux en 2 week end, fin mai, mi juin puis en 2 camps, fin juillet et fin août. Les spéléologues et plongeurs participants étaient Frédéric Roux, Philippe Imbert, Anne Dutheillet, Pierre Boudinet, Frédéric Bonacossa, Philippe Brunet, Christophe Depin principalement de la section plongée scientifique de l'Université Pierre et Marie Curie et de Coque en stock. Il faut bien sur ne pas oublier tous les amis spéléos dont Annie Flahaut, Bastien Dupré, Eric, Marc Favergeon et Hans Litjens.

POINT FINANCIER

Le budget réalisé est conforme au prévisionnel accepté par la CNPS pour nous accorder une aide. L'aide de la FFESSM très précieuse nous permet de couvrir le coût des consommables pour tous les participants (mélanges respiratoires, gonflage, carbure, kits de transport, petit matériel, photos,... ), d'une partie des frais de déplacement (voitures, achat et location de canoës), de la réparation du matériel d'éclairage et du matériel de plongée durement sollicités par les explorations fond de trou et post siphon.

Responsable des explorations Philippe Brunet,
21 rue Louis Fablet, 94200 Ivry sur seine, Tel : 01 46 72 03 62
e-mail : ph.brunet@free.fr

club : Plongée scientifique Université Pierre et Marie Curie