Grotte du Berdiau

Commune de CESSENON-HERAULT

Carte IGN 1/25 000 2444 EST "Saint Pons"
X=640,65 Y=133,05 Z=380m
Développement: 1550m
Dénivellation: 92m (+30;-62)

 
Localisation

 

Fiche rédigée par Frank Vasseur (mise à jour 03/2008)

Situation

Masquée par un rideau d'arbustes et buissons, l'entrée de la grotte se situe en rive droite, 7m au-dessus du fond du ravin qui descend vers le hameau de Cazilhac.


Historique

L'entrée aménagée en bergerie est fréquentée depuis des temps immémoriaux. Le 29/06/1947, le SCBAM franchit un siphon temporaire désamorcé et explore la cavité jusqu'en 1954, date du premier relevé topographique.

En 1966, Jean-Louis VERNETTE, accompagné d'un membre du GEPS, reconnait le siphon aval sur 40m (-12).

1991 voit une équipe de plongeurs parisiens (Philippe BRUNET, Christian THOMAS) porter le siphon amont à 150m (-40).

Les 01/05 et 20/06/2007, Laurent Parmenthelot, du S.C.Saint Pons organise deux plongées dans le siphon amont. Elles permettent le franchissement et l'exploration de 150m au-delà. Spéléo-Club de Saint-Pons (34): Jean-Louis Barthès, Nicolas Brunet, Emilie Farré, Patrick Giro, Bastien et Laurent Partmenthelot. Ames (34) : Yves Besset , Jean-Pierre Brieu, Thierry Garau, Jean-Pierre Sierra, Michel Thieron. A.S.C.O. (34) : Alexandre Paradis. S.C.B.A.M. (34) : Jacky Fauré, Paul Redon. S.C.M. (34) : Michel et Thierry Granier. Individuels : Ghislain Krizlzanowski, Michel Plessier (Landru). Equipe Plongeesout : Frank Vasseur


Description

Depuis le porche d'entrée, jadis utilisé comme bergerie, une galerie spacieuse conduit par un P.7 à la salle de la Vierge, d'où un P.15 déclive et glissant rejoint la vasque du siphon amont par un conduit d'allure tourmentée.

Depuis le plan d'eau, dont le niveau varie en fonction des conditions pluviométriques, une galerie déclive débouche dans une petie salle noyée où convergent deux galeries. Une petite voûte basse racle un peu, mais passe en douceur.

Le fil en place sinue dans la galerie argileuse, où la moindre turbulence soulève d'épais. Une ligne remonte vers une cloche. U n peu plus loin, un ressaut plonge à -40 dans un conduit englaisé, suivi d'une modeste galerie ponctuellement surbaissée.

Jusqu'au point bas (à 42 et des poussières), ça passe bien, moyennant quelques compositions avec l'espace d'évolution. La galerie est particulièrement irrégulière. Avec une section moyenne de 2 x 2m, parfois moins, il faut s'accommoder d'une réelle sinuosité, agrémentée de nombreuses lames d'érosion, arches rocheuses pour trouver une progression aussi « fluide » que faire se peut.

A l'amorce de la remontée, passé un passage dédoublé dans la largeur, à 29, le siphon vire brusquement et . les faisceaux des lampes se perdent dans le brouillard. Une vis de chemin de fer solidement plantée dans l'argile fixe le fil, puis on amorce rapidement une remontée dans un puissant volume. Le calcaire blanc clair est par endroits gravé de cannelures au sol. Le plafond (vers 8) est rigoureusement étanche.

A 11, une galerie plus modeste (3 x 5m) se prolonge ensuite jusqu'à 197m (-6). Là, un carrefour. Vers l'ouest c'est argileux. La galerie s'infléchit illico au nord-est et remonte le long d'un talus d'argile fluide, qui émerge dans une cloche borgne (h=1m).

A l'est, c'est LA direction : Euzèdes toute !

A 233m (-8,2) une vaste cheminée est remontée jusqu'à deux cloches coalescentes (h=1,8m) via une voûte mouillante.

A 265m, on bute dans une petite salle (-8,6). Au sol, c'est colmaté par un dépôt de sable. La suite est en hauteur pour émerger (à 308m du départ) à la base d'une escalade de 4m prolongée par une jolie galerie exondée de 2 x 2m.

Les parois sont blanches, les formes lissées par le travail de l'eau. Nul doute qu'il y a de la galerie là, au-dessus.

La vasque est bordée de parois abruptes, la galerie noyée en forte pente.

La première partie de l'escalade, noyée récemment encore, est glissante. Par contre les 4 derniers mètres, plus verticaux, sont en marbre blanc acéré. Pas de problème d'adhérence, les accrochent bien. Suit une jolie galerie immaculée confortable, ponctuée de flaques, qui se meut en fracture sensiblement inclinée avant de recouper perpendiculairement une grosse galerie.

Vers le nord-ouest, deux salles concrétionnées (6 x 6m) s'enchaînent avant de buter sur un colmatage d'argile.

La seconde est baignée par un lac, alimenté par une brève galerie (1,8 x 1,8m) terminée par une étroiture sévère, qui bloque l'accès à la continuation entrevue.

Au nord-est, la galerie bute rapidement sur une zone fracturée entièrement colmatée par une puissante trémie de marbre blanc.

Un modeste affluent sera exploré au retour, infléchi en impénétrable.

Le siphon aval est accessible via un enchevêtrement de conduits modestes à la faveur desquels on retrouve ponctuellement des plans d'eau, témoins du parcours de l'écoulement souterrain.


Karstologie

Plusieurs hypothèses sont actuellement avancées quant au fonctionnement de l'écoulement souterrain qui parcourt la grotte, creusée à la faveur de l'étage du Géorgien supérieur. Les observations faites au cours des récentes plongées valideraient la thèse d'une circulation suspendue et indépendante du karst profond.
L'alimentation des siphons devrait son origine à l'infiltration sur un secteur du massif dont l'étendue reste à définir.
Des temps de décantation très longs (> 15 jours) vont également dans le sens de ces suppositions.