Event du Mas Neuf

Commune de GORNIES-HERAULT

Carte IGN 1/25000 2642 EST "Blandas"
Coordonnées GPS : N 43°52.132' E003°35.742'
X=701,02 Y=174,98 Z=225m
Développement: 686m
Dénivellation: -56

 
Localisation

 

Fiche rédigée par F.Vasseur

Situation

De GANGES, prendre la D.25 qui remonte les gorges de la Vis.
1 Km après le hameau des Claux, sur la droite de la route, se trouve le Mas Neuf (indiqué sur la carte). Garer les véhicules, 200m avant le pont qui enjambe le talweg, sur l'aire prévue à cet effet et remonter une sente discrète dont l'amorce se situe une vingtaine de mètres en aval du pont. Après un parcours dans les sous bois où des ruches sont disposées, on revient sur le ravin menant à l'entrée de la cavité, sise quelques mètres plus haut, au pied d'une barre rocheuse.


Historique

L'évent fut découvert et exploré jusqu'au siphon par le Spéléo-Club de Montpellier en 1949, puis revisité par le Groupe Spéléologique Gangeois en 1950.

En 1968, Georges Bernieu, Angel Camus et Robert Lienhardt (Association Spélélogique Nîmoise) franchissent le passage noyé (145m;-9). Georges Bernieu explorera plus tard la galerie exondée menant au S.2, reconnu dans la foulée jusqu'à -40.

Le 24/10/1982, Daniel et Patrick Baraille (Groupe Cabus) désobstruent une trémie exondée en sortie du S.1 suivie d'une salle borgne de 10x5x5m.

Sur leurs indications, leur cousin Patrick Penez accompagné de Jean-Charles Chouquet (1983) porte le S.2 à 150m (-45), arrêt à -27 sur diaclase impénétrable.

Le 07/05/1990, Christian Bagarre et Alain Spenle découvrent un départ à -40, après le point bas du second siphon et remontent à -30. L'année suivante, avec Frank Vasseur, la suite est découverte et 160m explorés, arrêt sur autonomie à -51.

Le 11/11/1992, une courte galerie jonctionnant avec le nouveau réseau est découverte au terminus de Chouquet-Penez, par F.V. qui prolonge, avec le soutien de Bruno Naranjo, de 45m (11/08/1993) la galerie principale. Arrêt sur autonomie à la cote -46, à 520m de l'entrée.

Malgré trois sorties de nettoyage et de rééquipement au printemps 97 (association Céladon), le fil est à nouveau totalement arraché dans les siphons. Deux sorties de reéquipement et nettoyage dans le S.1 et les 160 premiers mètres du S.2, ou une corde a été installée jusqu'à -9 pour fixation des blocs de décompression, furent nécéssaire en janvier 98.

Début Février 98, une nouvelle pointe rapporte 60m supplémentaires, dans une fracture qui remonte graduellement à -36 avant de plonger à -43 dans une diaclase étroite (comme dans la première partie du S.1). Laquelle revient sous la galerie, par une zone étroite fracturée. Arrêt à 385 m. du départ, après deux points bas à -48 et -51m. A cette occasion, d'autres secteurs de l'évent ont été fouillés en détail. François Tourtellier a remonté l'affluent exondé entre le S.1 et le S.2 sur une vingtaine de mètres, ainsi qu'une cheminée située à l'aplomb du S.2 sur 5m. Ces deux conduits butent sur des rétrécissements impénétrables. Régis Brahic a exploré 20m. de boyau latéral dans le S.1, pour rejoindre finalement la galerie principale. Dans le S.2, un départ en plafond à -21 est exploré jusqu'à une alcôve argileuse sans prolongement, à -14.

(Christian Bagarre, Luc Barral, Aurélien et Claude Etienne, William Martin, Michel Melhac, Xavier Meillac, Claude Pieyre, Cathy Vacquer, Richard Villemejeanne. Sous l'eau : Régis Brahic, Richard Huttler, Patrick Labadie, Gilles Lorente, Jérôme Martin, Philippe Moya, Patrick Mugnier, Alain Spenle, François Tourtelier, Frank Vasseur).

Les 21 et 22 avril 2007, l'exploration progresse de 20m du fait de l'étroitesse de la fracture terminale (Hervé et Antoine Blois, Michel Meilhac, Xavier Meillac, Richard et Benoit Villemejeanne Laurent Vasseur.
Aquaphiles : Cedrik Bancarel, Romuald Barré, Jérôme Martin, Frank Vasseur).



Description

En tête du ravin, le ru asséché bute sur une barre rocheuse surmontée de murettes. Une étroiture entre des blocs et la strate supérieure,rejoint un conduit en interstrate. Dans le chaos d'entrée, plusieurs itinéraires étaient possibles pour accèder à la galerie. Les crues ont depuis remanié l'éboulis d'entrée ou colmaté certains passages. Là, deux dessauts se présentent. A droite, la galerie dégringole de 4 m jusqu'à un cul de sac. En rive droite, un boyau vertical mène à une galerie plus confortable précédant la vasque du S.1. Un laminoir très exigu relie ce conduit au cul-de sac évoqué plus haut.

Le S.1 (145m;-9) se présente sous forme d'une diaclase (h=2m;l=80cm) orientée plein Nord sur 80m, délaissée le temps d'un décrochement est long de 10m (la baïonnette). A ce niveau, un boyau noyé s'engage vers le Nord-Ouest puis revient dans le conduit principal, une dizaine de mètres en aval de son amorce. Vers l'amont, le conduit s'ovalise en s'élargissant, puis remonte le long d'une pente chaotique vers la vasque de sortie.

A l'endroit où l'on quitte la fracture pour une galerie à section plus confortable, les initiales d'un des premiers explorateurs (Robert Lienhardt) sont inscrites sur un résidu de strate proéminent. Passé le miroir de sortie, face au point d'amarrage du fil d'ariane, à l'extrémité de la vasque, une trémie présente un rétrécissement latéral ponctuel, surmonté d'une petite salle sans suite. Le conduit principal, parcouru par l'écoulement, se développe sur 35m de galeries spacieuses (l=3m;h=3m), jusqu'au S.2 (405m;-51) à la base d'un ressaut de 5m.

A mi-parcours entre les deux siphons, en rive gauche, un étroit affluent, pérenne, d'une vingtaine de mètres se greffe sur ce tronçon de galerie. Cet affluent alimente en permanence le S.1. Il est peu probable qu'il soit en relation avec le second siphon.

La vasque du S.2 plonge verticalement à 3, puis régulièrement jusqu'à -24m. (direction S.E). A 21, une modeste galerie s'engage en rive gauche jusqu'à un cul de sac à 14. Dans ce premier tronçon, la visibilité est parfois moyenne (par rapport à l'eau cristalline du premier siphon et de la seconde partie du S.2). A 22, après une remontée ponctuelle, un tronçon plus étroit augure une belle fracture dans laquelle on coule de -30 à -46m en retrouvant la direction Nord. Une vingtaine de mètres à la profondeur maximale conduit à la diaclase remontante qui s'élargit jusqu'à -27m, jusqu'à pincement impénétrable. Une courte galerie en rive gauche rejoint le sommet d'une fracture par laquelle on accède à la suite de la cavité.

La « clé », découverte par Christian Bagarre et Alain Spenlé, se trouve à -40m (100m), après le point bas. Un départ latéral dans une fracture remonte à -30 avant de plonger à -42, dans ce qui semble être le conduit principal de l'évent. Les dimensions y sont plus confortables (4x3m) et l'on progresse jusqu'au point bas (-51 à 280m) à une profondeur moyenne de -45m. La roche est à nu, la section parfois ceintrée en son milieu par de puissantes lames d'érosion effilées. Splendide ! La galerie est extrêmement sinueuse, tout particulièrement dans la zone terminale qui remonte sensiblement. A -46 (325m) une fracture plus étroite remonte par petits crans successifs jusqu'à un tronçon plus confortable à -36. Au niveau d'un pincement sur toute la hauteur, un puits plonge à -43 dans une galerie de section similaire à celle du début du S.1 orientée Est/Sud-Est.

Au terminus de 1998 (fracture étroite à 385m de l'entrée et par -43), la suite se trouve à 2m en hauteur, par une jolie galerie de 3 x 3m. Elle bute rapidement sur une fracture perpendiculaire (N330°) remontée de 42 à 36,5. Vue sur le plafond à 32.
36. Au-delà, le conduit amorce un virage et semble s'élargir. Réservé aux petits gabarits.

Karstologie

L'évent fonctionne en exutoire temporaire du causse de Blandas, sans toutefois qu'une coloration y soit réapparue. Son impluvium reste à définir.

Recommandations
La cavité est située sur une propriété privée, l'accès est strictement règlementé et toute incursion doit impérativement passer par le propriétaire.
Tout manquement à cette discipline indispensable aurait pour conséquence la fermeture définitive de la cavité.



 

Chicane dans le S1, par Frank Vasseur

 


Etroiture verticale dans le S1, par Frank Vasseur

 


Fracture dans le S1, par Frank Vasseur

Replat à -24m dans le S2, par Frank vasseur

 

Seconde partie du S1, par Frank Vasseur

 

Sortie du S1, par Frank Vasseur